Gone Baby Gone – Les Fenottes ont pris leur place

Comment ? Un derby entre deux des quatre équipes francophones (à notre connaissance) avec Yverdon Sport Women et le Montpellier FC (ex-MHSC par la force des choses) qui ont pris leur indépendance par rapport à leur section masculine au niveau du nom et du logo et parfois même en termes de titres et d’absence d’ultras néonazis (pour l’OL Lyonnes) ? Le tout pendant les vacances d’automne ? N’en dites pas plus, ni une ni deux, direction Décines-Charpieu et son Groupama Stadium pour assister au massacre spectacle. Et on ne parle pas des réjouissances au centre ville, ça c’était le week-end précédent.

Le contexte

Début de saison difficile pour l’OL Lyonnes puisqu’elles en étaient seulement à 6 victoires, un nul, 39 buts marqués et 3 encaissés (un 39-3 à ne pas confondre avec le 49.3) toutes compétitions confondues avant samedi. Elles n’ont par exemple que péniblement vaincu le PSG 4-0 au Parc des Princes 7 jours avant la rencontre qui nous occupe, un véritable scandale. On se demande même combien de temps Jonatan Giráldez va encore tenir sur le banc rhodanien.

En ce qui concerne les Marseillaises, outre le sublime maillot spécial sorti à l’occasion d’Octobre Rose, c’est 2 victoires, 3 nuls, 8 buts marqués et 6 encaissés en Première Ligue qui sont inscrits dans leur bulletin intermédiaire de début de deuxième saison dans l’élite après la promotion de 2025.

On s’attendait donc forcément à un match fermé et ultra serré entre les deux escouades. Et on se félicitait surtout d’avoir commandé ce pronostic au Ministère de l’Intérieur, déjà fort de résultats probants en ce qui concerne l’évaluation des effectifs policiers à déployer en fonction du nombre de manifestants un jour donné.

On se croirait à une primaire socialiste tant l’indécision règne comme chaque année en Première Ligue.
Le match en deux passements de jambes

Les Marseillaises Melchie dans la colle, provoquent 2 penalties au milieu d’un festival de pertes de balles précoces dans le camp retranché qui leur sert de 20 mètres et c’est 4-0 à la mi-temps, puis 5-0 après 90 minutes (Salma Paralluelo 5e, Melchie Dumornay 27e + 32e, Ada Hegerberg 41e + 71e) d’une partie d’abord jouée au pas de charge avec une pression digne de la brasserie Ninkasi locale dans la moitié de terrain adverse puis terminée sur un rythme de sénateur non rééligible à deux semaines des midterms. Bref, plus que Meyzieu pour pleurer à la fin du temps réglementaire pour l’OM.

Les 11 titulaires au rythme de « si tu ne sautes pas, tu n’es pas lyonnais ».

On range notre boîte à jeux de mots foireux et on la ressort dans six rubriques. Navré d’avance.

Le prix Eugénie Le Sommer

Il revient aux architectes et autres designers du Groupama Stadium. Ayant remarqué que l’espace dédié au musée et à la boutique du club était pourvu de vitrines et donc de cibles potentielles de casseurs de la désormais fameuse et insaisissable « ultragauche » (les Bad Gones sont donc définitivement hors de cause), ils ont en effet eu une idée de génie: fermer définitivement le musée*, ne rien dire à personne et faire comme s’il restait encore des trophées d’une valeur inestimable à voler à l’intérieur, le tout formant un leurre absolument infaillible. Oui, il reste encore le shop, mais une simple police d’assurance dommages du sponsor-titre des lieux devrait suffire en cas de sinistre.

Le quoi ? Voilà ce qui s’appelle savoir se mettre en vitrine.

* True story. Avant la confirmation de ce week-end, ça faisait bien quatre ans qu’on essayait de connaître les horaires d’ouverture de ce fameux musée. On en avait parlé ici, ici et là. Après 96 mois de réponses évasives, notre âme de reporter de terrain éprouve un soulagement proche du lavement d’avoir enfin réussi à soutirer le fin mot de cette histoire à une employée de caisse débutante prise au dépourvu un vieux vendredi matin.

Le Circaète Jean-le-Blanc du match

Pour nos lecteurs non-ornithologues, c’est une sorte de buse rhodanienne. On pointera d’un doigt engourdi par le froid automnal le speaker du stade qui, un peu comme la défense phocéenne en début de match, était sans arrêt à contre-temps dans ses annonces et autres demandes de FAIRE DU BRUIT. Calme-toi et regarde autour de toi: perdus dans cette immense enceinte, on représente l’équivalent de l’électorat de Raphaël Glucksmann (selon les prévisions les plus optimistes) à l’échelle nationale, on fait ce qu’on peut.

On nous demande d’ajouter une légende à cette image. Vous n’en voyez pas assez sur le terrain ?
La feinte de corps qui a tout fait basculer

La Préfecture du Rhône a décidé vendredi à la der d’interdire les manifestations dans la Presqu’île lyonnaise le lendemain. En plus de valider au niveau régional le glissement macronien vers l’autoritarisme, les autorités locales ont non seulement donné l’occasion à l’OL d’avoir à nouveau une chance de faire venir du monde au stade contre toute attente, mais également de promouvoir la mobilité douce sur place.

Vous cherchiez un moyen de vous briser un membre sans croiser la route de la police ? Le voici !
L’aVARie qui a failli coûter le match

Celle du toit du stade, qui laissait filtrer un volume non négligeable de pluie (ce qui n’est pas très pratique pour un toit) qui semblait dirigé droit sur notre place porte 26, rang 10, siège 184. Après avoir songé à un complot de la loge des francs-couvreurs lyonnais, on s’est dit que c’était finalement pas si mal pour notre relation avec la réalité d’avoir un aperçu de ce que vit un lycéen du 93 sur son lieu d’études par temps maussade.

La stat’ un peu trop avancée

10’000. Comme l’estimation basse du nombre de pas effectués par les porte-drapeaux censés courir le long de la pelouse en brandissant leur étendard flottant fièrement au vent à chaque réussite locale. Sur une semaine anglaise à deux rencontres comme celle-ci, on doit allègrement atteindre le semi-marathon.

Au 41e sprint le long de la ligne de touche en 8 matches, on sent que l’enthousiasme est toujours au beau fixe. Bon OK, moins, ils ne font pas les dégelées à l’extérieur.
L’instant Antoine de Saint-Exupéry

Devant son incapacité à croquer un mouton digne de ce nom, on a demandé la chose suivante au narrateur de la partie: « S’il-vous-plaît… Décines-moi une victoire ». Il a exécuté notre requête (et les Marseillaises).

Par ailleurs, Wendie Renard, à laquelle on a reproché son entrée peu convaincante de la 58e minute, nous a quant à elle rétorqué: « On ne voit bien qu’avec le coeur, l’essentiel est invisible pour les yeux. »

« On risque de pleurer un peu si on s’est laissé apprivoiser… »
L’ambiance sur une échelle de 1 à la loge de Michele Kang après 10 flûtes de champagne

Trois choses sont généralement vraies à propos du Groupama Stadium en mode foot féminin:

  1. Les Lyonnais ne semblent pas mesurer la chance extraordinaire qu’ils ont de pouvoir voir évoluer toutes les semaines l’une des plus grandes équipes de l’histoire de ce sport dans un environnement dépourvu d’ultras locaux aux tendances un poil facho, trop occupés à conspuer l’équipe masculine.
  2. En lien avec la chose 1, à moins de vraiment vouloir une place exceptionnellement centrée et proche du terrain (guilty), ce n’est jamais une bonne idée de se procurer un billet très en avance pour un match des Lyonnes puisque les ventes sont toujours suffisamment calamiteuses pour générer des offres financièrement bien plus alléchantes tôt ou tard (et souvent plus tard que tôt).
  3. L’affluence sera quand même hyper décevante le Jour J, surtout si la météo est aussi triste qu’une prise de position de Laurent Nuñez. D’ailleurs on aurait eu largement la place de rajouter ses 10’000 CRS ainsi que les familles éplorées des vitrines brisées et autres poubelles brûlées dans la tribune principale.
Deux offres faites exactement 24 jours après l’achat de nos billets, encore merci !

Bon, il y avait aussi un truc nouveau (avant l’annonce de dernière minute à lire plus haut): les manifestations annoncées au centre-ville ne donnaient pas vraiment envie au Lyonnais lambda de prendre sa voiture (si elle n’avait pas encore brûlé) pour se rendre au stade. Résultat des courses: 5000 spectateurs et une ambiance pas si lugubre que ça grâce aux efforts d’OL Ang’Elles et du Kop Fenottes 69.

Un peu de créativité n’a jamais fait de mal à personne, comme diraient Heinz Ehlers et Massimiliano Allegri.

Allez, on se met du baume au coeur avec des stats bien d’chez nous: selon des chiffres de la ligue nationale, 44’984 entrées dans les stades d’AXA Women’s Super League ont été comptabilisées après 9 journées, ce qui équivaut à une augmentation de 26% par rapport à la saison dernière et de 106% par rapport à celle d’avant. Vous nous direz que ça ne suffit toujours pas à remplir le Groupama Stadium ne serait-ce qu’une seule fois, mais c’est un début.

La minute Sandy Maendly

Pas de RTS et donc pas de Sandy pour ce match, mais on a trouvé autre chose: figurez-vous qu’on a passé deux jours au Grand Prix Auvergne-Rhône-Alpes, tournoi ATP 250 (de tennis donc pour ceux qui ne suivent plus du tout) ayant lieu de l’autre côté de la route, à la LDLC Arena. L’espèce de Vaudoise aréna du coin qui jouxte par ailleurs l’académie All-In d’un autre Vaudois (d’adoption), Jo-Wilfried Tsonga, accueille habituellement des concerts, du basket, le championnat du monde de hockey sur glace de 2028 et avec un peu de chance le tournoi du même sport aux JO de 2030. Comme il faut toujours joindre l’utile à l’agréable, notre hôtel se trouvait à mi-chemin entre les deux enceintes sportives visitées lors de ce (très) long week-end et était également le gîte choisi par toute la caravane de l’ATP Tour pour poser ses valises la semaine dernière. La minute Sandy Maendly revient donc au speaker du tournoi, le célébrissime Marc Maury, qui a utilisé sa fameuse voix pour… se plaindre de la cuisson des oeufs du petit déjeuner de samedi matin. Dire qu’on s’attendait à un « vainqueur des Internationaux de France en 2005, 2006, 2007, 2008, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2017, 2018, 2019, 2020, 2022, il est né en 1986… » lancé à travers le lobby… Tant pis.

Message spécial de l’Elysée en mode karaoké au changement de côté.
Lo prochen joû des Fenottes

Selma Bacha & Cie accueillent l’Inter ce mercredi 28 octobre pour le compte de la troisième journée de phase de ligue de Women’s Champions League. Cette même affiche chez les hommes serait un joli affrontement des derniers tours d’Europa League avec un probable léger avantage à l’Inter (reversé depuis la Champions League en cours de route). Chez les filles, on se dirige probablement vers une rouste monumentale dont les postérieurs interistes se souviendront presque aussi longtemps que ceux de leurs collègues servettiennes. Oui, on a dû virer notre consultant ès pronostics du Ministère de l’Intérieur en cours d’article.

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