Elles Shabbat les c…: elles ont gagné

Le premier compte rendu de match de ce site ne pouvait que commencer par un hommage appuyé à Smilla Vallotto (si vous étiez sur Jupiter en juillet 2025, voici la réf). Et un voyage à Sion pour assister à un match de la nati contre israël apparemment. oui, à Sion contre Israël, ça ne s’invente pas. Le premier et peut-être le dernier compte rendu de la très courte histoire de ce site d’ailleurs, au vu de la pente glissante sur laquelle on s’aventure en semelles plates dès le chapeau. Au pire on demandera à Ed Sheeran s’il lui reste de la place comme roadie sur sa tournée ou à Taylor Swift si elle est d’accord qu’on rejoigne le groupe des apolitiques à géométrie variable. Ou à Ignazio Cassis… Attendez, il fait déjà quoi, lui ?

le contexte

Les Suissesses se sont qualifiées sans surprise et sans trop de difficulté pour la deuxième phase de l’abscons labyrinthe qui mène (peut-être) à la Coupe du monde 2027 au Brésil. Après avoir tranquillement dominé le très faible groupe B2 (comme notre niveau d’allemand en 2007) de Nations League (5 victoires, 1 nul) entre mars et juin dernier, les ouailles de Rafel Navarro s’aventurent sur le chemin nettement moins escarpé que prévu – merci au tirage au sort le plus clément de l’histoire – des deux tours de barrages réservés à toutes les escouades européennes qui n’ont pas terminé première d’un groupe de Ligue A (le Danemark, la France, l’Espagne et l’Allemagne ont d’ores et déjà composté leur ticket pour l’Amérique du Sud).

Ouf, cette phrase entrecoupée de multiples parenthèses était aussi longue qu’un vol Genève-Rio avec escales à Paris, Lisbonne et São Paulo, on espère que vous avez pu reprendre votre souffle.

Au programme, Israël (aller remporté 7-3 en… Hongrie* la semaine dernière malgré une performance plus que douteuse et donc retour à Sion en ce mardi 13 octobre) et, si tout se passe comme prévu, l’Autriche ou le Kosovo en guise de dernier obstacle en novembre et décembre prochains. Donc l’Autriche en gros, ne nous mettons pas la tête dans le sable.

*On s’est laissé dire qu’il fallait un pays habitué à la répression de toutes sortes de progressisme histoire d’éviter l’apparition du moindre drapeau palestinien dans le stade.

Le match en deux passements de jambes

Et deux buts en fait. 2-0, c’est le score final de cette authentique purge. Merci Iman Beney (30e, 1-0) et Julia Stierli (92e, 2-0). Pour le reste, on retiendra beaucoup de frilosité malgré une température plutôt clémente, la volonté d’aller de l’avant de Beney et Nadine Riesen sur leurs côtés, les entrées intéressantes de Smilla Vallotto (bien trop tard) et Alisha Lehmann (tout arrive) et le blanchissage de Livia Peng (c’est plus facile quand il n’y a pas de tirs cadrés).

Il est vrai que le lob aurait pu être une option au vu de la répartition inégale du territoire (🫢) entre les deux équipes.
Le prix marta

Il revient à Leila Wandeler, pas utilisée par son sélectionneur vendredi et entrée en jeu à la 59e minute seulement mardi, mais qui a osé dire les termes, les vrais, sur les réseaux sociaux quand la comm’ officielle de la Nati restait d’une timidité sheeranienne. En effet, pendant que les deux équipes arboraient un brassard noir qui pouvait vouloir dire tout et n’importe quoi et que la capitaine Lia Wälti y allait d’un sibyllin « La souffrance des populations civiles, en particulier celles des enfants, ne nous laisse pas indifférentes » et tenait à « adresser un message commun en faveur de l’humanité », la jeune Fribourgeoise de West Ham a posté « Toutes mes pensées sont avec la souffrance du peuple palestinien qui fait face à un génocide. Je suis solidaire avec vous » sur son compte Instagram. Home run sémantique.

Leila Wandeler (tout à droite) mériterait d’être replacée au centre des débats.
Le gavião du match

« Gavião » c’est « buse » en français. Franchement, on va l’attribuer à la réalisation alémanico-alémanique du documentaire L’été de la Nati ’25, sorti vendredi dernier, qui a totalement anihilé les Romandes de l’équipe (et toutes celles et ceux qui ne s’exprimaient pas en suisse allemand en général – pauvre Pia, qu’est-ce qu’on aura parlé derrière ton dos pendant ton mandat). On espère que Leila, Smilla, Iman et Sandrine auront voix au chapitre tôt ou tard.

La feinte de corps qui a tout fait basculer

On voulait vous parler de Wälti, mais comme on l’a surtout vue tout mettre en œuvre pour faire en sorte de toucher le ballon un minimum de sept fois par possession avant de laisser ses pistons et ses ailières courir pour rien dans la profondeur et de passer en retrait, on va trouver autre chose. Comme quoi on ne peut pas toujours faire confiance à Lia, même si d’habitude elle nous facilite la vie.

Désolé, c’est pas un cadeau, Noelle, mais si je ne te mets pas un peu en difficulté on risque d’aller de l’avant.
L’aVARie qui a failli coûter le match

Comme apparemment on peut faire appel à la VAR 5 ans plus tard pour vérifier les certificats COVID et autres pass vaccinaux, on a serré très fort les doigts pour que les filles aient été – comme souvent – un poil plus malignes que leurs collègues masculins en 2021 et évitent de devoir déclarer forfait pour des matches il est vrai un tantinet plus capitaux que quelques misérables rencontres de Nations League masculine sans enjeu tangible, sauf peut-être la gloire d’aisément étaler un des multiples bourreaux de la Squadra Azzurra en éliminatoires pour la Coupe du monde.

La stat’ un peu trop avancée

Un peu trop avancée, comme l’heure du match de vendredi dernier, passée de 18h30 à… 15h30 sans raison apparente (à part peut-être invisibiliser encore plus le foot féminin, c’est vrai qu’on avait besoin de ça).

Il y avait quand même du beau linge en tribunes.

En plus tout s’est bien passé en termes de communication: l’ASF a annoncé que les spectateurs n’étaient pas autorisés, avant de se raviser en faveur des fans suisses sous réserve de l’envoi d’un courriel à cette même Association suisse de football, puis d’annoncer le changement d’horaire 3 jours avant la partie. Fort heureusement, un billet d’avion pour Budapest (et une diligence pour Mezökövesd), ça se réserve assez peu à l’avance.

Le communiqué, en français fédéral:

Israël n’est donc exclu d’aucune compétition internationale et en plus choisit l’horaire des matches. Tout va bien.
L’instant paulo coelho

Comme l’auteur brésilien est connu pour ses contes initiatiques, c’est le bon moment pour vous narrer nos aventures dans l’enceinte de Tourbillon, aussi déconnectée de la réalité du foot moderne que Louise Montangon de celle des lycées de banlieue.

Tout commence aux portiques. On avait enregistré un billet mobile sur notre téléphone au lieu de la version PDF. Mal nous en a pris. « Y’en a un sur sept qui passe » selon le docte préposé à la sécurité. Une connexion sur Ticketmaster plus tard pour trouver une autre version du même code QR, une fouille pas très minutieuse (« Vous voulez pas checker mon sac ? » « Ah oui ! ») et nous voilà à l’intérieur. On nous souffle d’ailleurs que c’est la même boîte de sécus qui officiait au festival du 7 octobre.

Il faut accepter qu’on va à Tourbillon pour le paysage, pas pour le foot.

Après un passage obligatoire aux toilettes turques (c’est marrant, on a croisé Stéphane Grichting juste avant), direction la buvette… qui vend uniquement des minuscules paquets de chips et des M&Ms en plus des boissons habituelles. Ce sera donc la Coop Pronto de la gare après le match. On a d’ailleurs tout le temps d’hésiter aussi longuement entre deux sandwiches que Wälti entre deux manières alternatives de ralentir le jeu puisque notre train a 35 minutes de retard pour cause d’ « un incident en Italie ». Probablement un drapeau palestinien sur les voies qui a nécessité l’intervention de démineurs.

« Non, on ne fait pas à manger. Qu’est-ce qui pourrait bien vous faire penser le contraire ? »

Bref, si Valérie Dittli et la commune de Crans-Montana s’était alliées, elles n’auraient pas réussi à nous donner plus envie de revenir.

L’ambiance sur une echelle de 1 à maracanã

On va dire 3. Peu de raisons de sauter de joie pour les 3548 spectateurs ayant réussi à se libérer en ce vieux mardi soir sédunois. Sauf peut-être ce magnifique « Free Palestine » qui a jailli de la forcément explosive zone C4 du stade pendant l’hymne israélien* ou cette masterclass du fumigène au service d’un somptueux tifo activiste venu du secteur des « ultras » locaux en cours de première mi-temps. Honnêtement, même un CRS de St-Denis aurait été attendri par un tel moment.

*Les hymnes ont d’ailleurs pour ainsi dire été chantés a cappella puisque la sono du stade était aux décibels ce que Raphaël Glucksmann est au charisme et à l’idéologie de gauche radicale.

Il n’y avait apparemment pas que notre sac dont la fouille avait laissé à désirer à l’entrée.
la minute sandy maendly

Comme on était à Tourbillon, on n’a écouté la RTS que pour l’aller de vendredi soir. On vous passe les habituels errements linguistiques mineurs (la frappe de Géraldine Reuteler sur le 1-0 n’était apparemment « pas sizenroulée que ça ») pour immédiatement vous proposer en primeur une des nombreuses vraies perles distillées par la consultante genevoise: « C’est dans ces situations qu’il faut se faire sentir. » La fameuse tactique de la moufette.

a próxima partida

Comme on le disait si doctement plus haut, contre l’Autriche donc, les 1er et 5 décembre prochains (selon Wikipédia en tout cas). Au vu de l’expérience valaisanne plus que mitigée, on peut déjà vous annoncer que le match aller aura lieu en Suisse alémanique. Et que « Rio » Xhemaili et ses coéquipières devront se montrer un chouïa plus convaincantes pour composter leur billet pour le Brésil. Car le gouffre en termes de niveau entre Israël et l’Autriche s’apparente à celui entre survoler une primaire socialiste de centre droit et exister au premier tour de la présidentielle.

Le plus important sera évidemment de s’appuyer sur des performances récentes.

Ça faisait longtemps qu’on ne vous avait pas supplié de vous abonner 👆🏿

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